Le marié de la Saint-Jean, Yves Viollier, Presses de la Cité, 299 pages

Le marié de la Saint-JeanAprès avoir fui la Chine à l’arrivée des communistes au pouvoir, les parents de Zhida trouvent refuge au Cambodge. Afin de leur fournir une bonne éducation française, Zhida et son frère cadet, alors âgé respectivement de 8 et 6 ans, sont envoyés par leur père médecin-obstétricien-acupuncteur, en France. Zhida et son frère passeront deux ans en internat d’un séminaire à la discipline particulièrement sévère ? La seule tendresse, ils la recevront d’un couple français qui les accueille en dehors des périodes scolaires. Après des vacances au Cambodge, c’est à la Tranche-sur-Mer, en Vendée, qu’ils seront cette fois envoyés et hébergés chez un ancien militaire. Ils fréquenteront le collège puis le lycée à Luçon. Ils ne retrouvent leur mère que pendant leurs vacances au Cambodge où, par ailleurs, la situation politique se dégrade.

Yves Viollier raconte l’histoire réelle de Yunnat (nom cambodgien de Zhida) qu’il a cependant romancé.

La préparation et la noce de Zhida avec Gabrielle, une camarade de classe du lycée, servent de fils rouge. En alternance se suivent des épisodes de la folie meurtrière des Khmers rouges avec l’implantation parfois douloureuse de Zhida en France, d’autant que son attache émotionnelle avec sa mère est forte, tout comme son lien à son Phnom Penh natal. Ce mélange des trois éléments (Cambodge, enfance et scolarité en France, noce à l’ancienne avec une Vendéenne) permet de donner du rythme au roman.

Quelque peu hésitant dans la rédaction des premières pages, Yves Viollier retrouve son style bien connu de descripteur de la vie vendéenne passé, avec cette fois une forte note d’exotisme lors des passages sur le Cambodge. Ce roman diffère de ses autres œuvres plus par son contenu que par sa forme.

Le marié de la Saint-Jean est quelquefois pathétique, puisque l’histoire de Zhida est pathétique, parfois romantique, puisque la romance entre Zhida et Gabrielle prend une place importante, parfois tragique, puisque l’histoire du Cambodge l’est. Une fois encore, le rôle de la mère, ici surtout son absence, prend une place très importante comme dans l’ensemble de l’œuvre d’Yves Viollier (La mère, Les pêches de vigne…). Avec Le marié de la Saint-Jean il a bien su tirer profit à sa juste mesure l’authentique histoire de Zhida.

olonnois85