Mâcher la poussière,Oscar Coop-Phane, Grasset, 318pages

Mâcher la poussièreLe baron de Stéfano est riche et puissant. Lorsqu’il voit une silhouette dans ses vergers, il n’hésite pas, prend un fusil et lâche une salve en l’air en guise d’avertissement. Le maraudeur ne réagit pas, continue et vole une amande. Le baron tire cette fois implicitement sur lui et tue ainsi un enfant de 15 ans. La victime s’avère être un neveu d’un chef mafieux qui crie vengeance.Stéfano qui n’aurait pas été inquiété s’il s’était agi d’un quelconque étranger est cependant contraint à un compromis : il devra désormais vivre dans un hôtel de luxe et sera immédiatement abattu s’il en sort.

L’esthète Stéfano a du mal à supporter sa nouvelle condition, à côtoyer des personnes sans goût et sans manière comme il s’en trouve partout, même dans les établissements de luxe. L’ennui n’est interrompu que par quelques rares rencontres de personnage plus à son niveau. Avec l’habitude, c’est avec le personnel qu’il a le plus de contact : Marie, la femme qui s’occupe de la propreté et l’ordre de sa chambre, le barman Joseph et le réceptionniste Matthieu. Un jour, Isabelle, la nièce de Marie, elle aussi employée à l’hôtel, remplace sa tante malade. Stéfano tombe amoureux de la jeune fille de 17 ans. Il veut la conquérir et non pas la prendre comme il le faisait habituellement avec son personnel. Il ne sait pas qu’Isabelle désire aussi le baron, sans cependant en être amoureuse. Il ne sait pas que Marie a parfaitement compris ses intentions lorsqu’il la questionne au sujet de sa nièce. Il ne sait pas que Joseph, un peu son confident, est toxicomane et également amoureux d’Isabelle. Il ne sait pas que Matthieu qu’il n’aime pas, est un sadique qui le déteste et l’espionne et qui tient Joseph en otage ?

Son monde se limite à sa chambre, le bar, le restaurant, les couloirs, l’ascenseur et quelques autres pièces. De l’extérieur, il ne connaît que la rue qu’il observe depuis sa fenêtre. Stéfano n’aura affaire qu’à d’autres personnages qui vont et viennent, comme dans tout hôtel. Une prison dorée reste une prison.

Dans un style inhabituel, Oscar Coop-Phane nous fait participer à la vie recluse de Stéfano qui, bien conscient de sa situation, n’éprouve malgré tout aucun remords pour son crime.

olonnois85