Demain Berlin, Oscar Coop-Phane, La Table ronde/Finitude,163 pages

 

Demain BerlinDes jeunes en partie désœuvrés, mais surtout désorientés, d’origine et de milieu différents, finissent après quelques errances à se rencontrer à Berlin, la ville « in ». Leur but : vivre. Du moins, ce qu’ils croient vivre, ce qui se limite à se défoncer et se droguer. Gesticuler pendant des dizaines d’heures — grâce à la drogue —, entrer à plusieurs dans des toilettes pour se laisser pénétrer ou pénétrer d’autres, un peu de trafic de drogue pour survivre et satisfaire ses propres besoins, leur vie se résume à peu près à ça. Les sentiments sont exclus. Les filles que l’on se fait à la va-vite, on n’en connaît même pas le nom. La prétendue solidarité entre toxicomanes une totale illusion. À peine une empathie lorsque l’un est arrêté ou retrouvé mort dans des toilettes ou autres lieux sordides. Les moments de lucidité sont rares :

"Ça ne vaut pas le coup de se détruire si fort, pense-t-il, de se détruire si fort pour une jouissance factice, synthétique." [p. 149]

Les deux mots-clés : lumières synthétiques, musique synthétique, drogue synthétique, plaisir factice, amitié factice, sensation factice puisque synthétique.

Pour comprendre ce livre, peut-être faudrait-il avoir soi-même connu ce milieu, ce qui n’est guère tentant. Peut-être est-ce la force de ce roman, faire comprendre que l’on ne peut pas comprendre ce genre de jeunes dont la vie, à force de vouloir vivre, est finalement bien vide.

olonnois85