Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt, JC Lattès, 345pages

 

Danser au bordEmma (Emmanuelle) et Alexandre se rencontrent quotidiennement dans une brasserie. Ils ne se connaissent pas encore, mais tombent amoureux l’un de l’autre. Au bout de quelques semaines, ils se parlent enfin et dévoilent leurs sentiments. Ils décident de quitter leurs familles et de vivre ensemble. Ils disent adieu à leur famille et elle l’attend dans le café où ils se sont donné rendez-vous. Alexandre sera empêché et elle l’attendra en vain.

Ayant abandonné sa famille, elle ne peut revenir et part vers n’importe où. Elle trouve refuge près de Mimi (Michelle) dans un « hôtel de plein air », sans parvenir à oublier Alexandre. Par son amie d’enfance Sophie, avec laquelle elle est restée en contact, elle reçoit des nouvelles des siens et est informée que Claudia, une jeune employée de son mari Olivier, l’a remplacée dans son lit. Seule sa fille cadette Léa lui téléphone de temps en temps. C’est Léa qui lui apprendra la rémission du cancer d’Olivier. Le temps de rentrer n’est pas encore venu pour Emma.

La narratrice est Emma qui dévoile ses sentiments au gré de l’histoire. Son amour pour Alexandre se superpose à celui pour sa famille. Si elle quitte Olivier, ce n’est pas parce qu’elle ne l’aime plus, mais elle est inexorablement attirée par Alexandre. Les circonstances ne leur permettant pas de vivre ensemble, ses pensées restent avec lui. L’absent ne peut pas la décevoir.

On pourrait comparer ce roman à un bonbon au miel enrobé de chocolat. Une fois le chocolat fondu, un peu d’acidité se propage avant que le goût du miel domine. L’ensemble est très doucereux et manque de caractère. La non-venue d’Alexandre et la rémission du cancer d’Olivier sont les seuls points anguleux. L’histoire se déroule avec langueur et longueur, sans pointes, un peu plate, un peu prévisible.

Au bout de 300 pages, Grégoire Delacourt s’aperçoit qu’il a beaucoup écrit, mais peu raconté. Après un long ronronnement, le texte s’emballe pour finir dans un « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». « Tout est bien qui fini bien » complète la sensation de platitude de ce roman. Beaucoup de pages pour ça !

olonnois85