La tresse, Laetitia Colombani, Grasset, 222 pages

Pour réaliser une tresse, on saisit trois écheveaux de cheveux et les mêle en alternance régulière. C’est ce qu’entame Laetitia Colombani avec l’histoire de trois femmes de trois continents et de milieux sociaux très différents.

  • En Inde, Smita est une Dalit, une hors caste, une indigne et personne ne doit la toucher, elle est Intouchable. Son labeur pour survivre consiste à vider à main nue les toilettes sèches des gens des castes, les Jatts. Son mari, également un Dalit, est chasseur de rat. Il a le droit de les garder pour les manger. Smita est résolu à épargner à sa fille Lalita cette condition et se résout à la lutte avec ses faibles moyens.

  • En Sicile, Giulia travaille dans la petite entreprise familiale de traitement de cheveuxnaturels pour la fabrication de perruque et potiche. Lorsque son père sombre dans le coma à la suite d'un accident en Vespa, c’est à elle que revient la tâche de sauver la maison de la faillite.

  • Au Canada, Sarah Cohen est une brillante juriste qui investit toute son énergie dans sa carrière aux dépens de sa vie privée, même de ses enfants. Après l’annonce d’un cancer, elle est résolue à se battre contre sa tumeur de la même façon que dans les affaires qu’elle traite. Elle cache sa maladie pour préserver son statut et poursuivre son combat.

Dans le texte, ces trois combattantes alternent comme un tressage. L’intrigue est cependant mince et le lien entre les trois femmes prévisible. La trame est cousue de fil blanc, la fin bien naïve. Les milieux des divers personnages ne sont que vaguement ébauchés, la description du principe des castes est superficielle, le métier de perruquier à peine décrit.

La tresse est très loin des Trois âges de la nuit de la grande et regrettée Françoise Mallet-Jauris, également sur le destin de trois femmes séparées dans le temps et non pas dans le lieu.

olonnois85