La chambre des époux, Éric Reinhardt, Gallimard,174 pages

La chambre des épouxSelon le quatrième de couverture, le compositeur Nicolas apprend que sa femme Mathilde est atteinte d’un cancer du sein. Tandis qu’elle suit une chimiothérapie, il se jette dans le travail et termine pour elle une symphonie qu’il avait commencée.

Dans le premier chapitre de son roman, l’auteur Éric Reinhardt apprend que sa femme Margot est atteinte d’un cancer du sein. Tandis qu’elle suit une chimiothérapie, il se jette dans le travail et termine pour elle son roman Cendrillon qu’il avait commencé.

En dix pages tout est déjà dit, le lecteur peut s’attendre à des répétitions, ce qui se confirme dès le second chapitre. Ce serait peut-être acceptable si le texte n’avait cette tendance au charabia :

Nous vivions cette plénitude comme une sorte de récompense pour notre combat des derniers mois, et cette rétribution nous paraissait d’autant plus surnaturelle qu’elle nous était procurée par le monde extérieur, l’espace public, l’automne et les lumières dorées et commémoratrices des fins d’après-midi, je me souviens qu’il faisait beau. ???

Le texte comprend beaucoup trop de phrases interminables (plus d’une page !) et incompréhensibles, ainsi que des redondances à n’en plus finir. Un exemple parmi d’autres :

c’est à moi de lire mon texte… ah, pardon, excusez-moi, oui oui, j’y vais, je lis, dis-je au médiateur en bégayant (celui-ci me dévisage avec ce qui me semble être une expression d’effarement), alors je prends mon texte et commence à le lire.

Je lis mon texte.

Je commence à lire mon texte.

À un moment de la lecture de mon texte, je bois une gorgée d’eau.

À plusieurs moments de la lecture de mon texte, je dois marquer une pause pour inspirer profondément.

Éric Reinhardt parle ici d’une présentation avec d’autres auteurs de son roman Cendrillon. Puisqu’il le dit sept fois de suite, l’esprit le plus simple aura compris qu’il a lu son texte.Dommage qu’il n’ait pas pris le temps de relire La chambre des époux, cela lui aurait permis de réduire celui-ci d’un bon nombre de passages superflu. Son éditeur aurait aussi bien fait de le lire avant de le publier, cela nous aurait épargnés le temps gâché avec les trente premières pages, pas plus avant de mettre ce tas de papier de côté.

olonnois85