L'ordre du jourL’ordre du jour, Éric Vuillard, Actes Sud, 150 pages

Le récit d’Éric Vuillard se base sur quelques « anecdotes » de l’épopée nazie. Il commence par cette rencontre de 24 grands industriels allemands peu avant les élections qui mirent Hitler au pouvoir en 1933, puis de la visite de Vicomte de Halifax aux dignitaires du IIIe Reich en 1937 et de son indulgence envers ceux-ci, également du chancelier autrichien, le petit dictateur Kurt Schuschnigg, qui se fit « rouler dans la farine » par le grand dictateur à Berchtesgaden, ce qui conduisit à l’annexion sans résistance de son pays en 1938, de même du lâche comportement des dirigeants étrangers (anglais, français) face à la politique expansive de Hitler qui mèneront aux honteux accords de Munich en 1939. Tous ces éléments sont connus et ne présentent rien de nouveau. Ce qui est moins connu est que lors de l’annexion de l’Autriche les chars allemands tombèrent en panne.

Éric Vuillard digresse au cours son récit sur d’autres anecdotes indépendantes de son sujet principal. Ceux qui l’avaient oublié ou ne le savaient pas apprendront que Bill Tilden était un très grand champion de tennis, le peintre Louis Soutteur fut interné en maison psychiatrique et quelques notes sur de grands compositeurs Bruckner, Hayn, Bach, etc.

Le récit ne suit pas une stricte chronologie des événements, pourtant sa lecture est aisée, le style allègre, parfois ironique, parfois sérieux, parfois armer, parfois mordant. Les hypothétiques dialogues entre les protagonistes sont plausibles et savoureusement tournés.

Aussi agréable que soit cette lecture, vaut-elle un prix Goncourt ? Il sera permis d’en douter. Il serait surprenant que cette œuvre laisse des traces dans l’histoire de la littérature.

 

olonnois85