Mon autopsie, Jean-Louis Fournier, Stock, 192 pages

Mon autopsie

Jean-Louis Fournier est mort. Il a fait don de son corps à la science et celui-ci se retrouve sur la table de dissection de l’Académie de médecine. Il a de la chance, c’est une belle étudiante qu’il nomme Égoïne (comme la scie) qui va le disséquer. Pour un peu, il en regretterait d’être trépassé.

Elle dissèque son corps, il dissèque son âme. Sans état d’âme.

Le roman de Jean-Louis Fournier, mieux vaudrait peut-être parler de son autobiographie, est découpé en courts chapitres d’un ou deux, maximum trois pages, ce qui donne beaucoup de rythme.

Sa vie, ses relations, ses activités sont passées en revue. Comme dans une revue des Folies bergères, avec beaucoup de folie, des « bergères » (femmes), et beaucoup de choses nues.

L’humour est un élément essentiel pour Jean-Louis Fournier : « … le but de ma vie a été toujours de faire rire et de faire pleurer, d’émouvoir ». Indispensable comme l’eau pour un poisson, il y baigne dedans. Quel que soit le sujet, il lui faut trouver un bon mot, un jeu de mots, et il excelle en l’usage de ceux-ci. En ouvrant le livre à n’importe quelle page, il y en a toujours un : « J’ai voulu essayer d’être dur. Je crains d’avoir réussi ».

Jean-Louis Fournier n’aime pas les phrases longues. Il connaît l’adage les blagues les plus courtes sont les meilleures. Il nous rend ainsi heureux.

Lui qui a tant aimé les femmes, il en a fait pleurer quelques-unes qu’il a quittées, d’autres en étant trop direct. Ses défauts, il les connaît et ne le cache pas. Il les enrobe seulement, comme toujours dans l’humour, dans l’ironie, sans aucune pitié.

Toujours avec humour, il nous parle de son enfance, de ses conquêtes, de ses débuts professionnels, ses amis (entre autres de Pierre Desproges), de l’art (peinture, musique, cinéma), de ses fils handicapés (voir Où on va papa ?), de sa fille qu’il ne voit plus (« Depuis qu’elle est à Dieu, elle est odieuse »), et bien sûr (surtout) de sa femme Sylvie. Sa vénération pour celle qui l’aimait plus qu’elle ne s’aimait est un fils rouge. Peut-être les passages les plus émouvants : « On était fait l’un pour l’autre, tant mieux pour moi, hélas pour elle...Elle avait les qualités, j’avais les défauts ». Mais toujours avec cette dureté envers lui-même.

Puisque Jean-Louis Fournier est mort, il n’écrira plus jamais. Bien que...

olonnois85