L’inconsolable, Anne Godart, Minuit, 157 pages

 

L’inconsolableLa narratrice s’adresse à une femme, ou bien c’est la femme qui s’adresse à elle-même. Le tutoiement est de rigueur.

Elle a eu quatre enfants, un garçon, deux filles, puis de nouveau un garçon. L’aîné est décédé. C’était son préféré. Le jour de la commémoration de sa mort, elle attend que ses proches, ses amis, son entourage entier expriment leur compassion. Elle n’attend pas des effusions, mais juste un signe, montrer qu’ils ont pensé à ce décès. Ceux qui n’y pensent pas, qui ne se manifestent pas, elle les punit en les oubliant à leur tour. Ainsi, au fil des années, son cercle se réduit. Son mari l’a quittée, ses enfants, après avoir inutilement tenté d’effacer les traces de leur frère aîné, l’ont eux aussi abandonnée. Plus de vingt ans après, elle guette toujours, mais en vain, un appel sur son téléphone.

Ce fils disparu, elle l’a adulé, choyé, protégé. Son monde tournait autour de lui. Décéder, c’est autour de sa mort qu’il doit continuer de tourner. Elle avait fermé sa chambre à clé, transformé le couloir en une galerie de photo. Elle croyait tout savoir de lui et un jour, en osant ouvrir la porte de sa chambre, elle découvre en fouillant ses affaires qu’il lui cachait des choses. Heureusement, il est mort, elle peut ainsi le conserver pour elle comme il était. Que se serait-il passé s’il avait continué de vivre et l’avait un jour quitté ?

Dans L’inconsolable (2006), premier roman d’Anne Godard, bien qu’assez court, l’évolution du récit est toutefois lente, le texte parfois un peu lourd, d’autant qu’il n’est pas possible d’avoir une quelconque compassion pour le personnage, aucune identification avec lui.

 

olonnois85