Magda, Mazarine Pingeot, Julliard, 296 pages

 

MagdaMagda et Guillaume Chasseigne, proche des mouvements écologistes, apprennent par la radio que leur fille Alice et son compagnon Fabrice ont été arrêtés et sont accusés d’avoir commis un attentat. Alice s’était jointe à un groupe autonomiste alternatif. Ses parents sont cependant convaincu qu’elle n’avait pas l’intention de se prendre à la vie d’autres, au pire de causer de dégâts matériels du « système ». Leur première réaction est d’aller récupérer leur petite fille Rosa. Ensuite, il leur faudra faire face à la justice, à la police, aux voisins et surtout aux médias à la recherche de sensations, tâche d’autant plus ardue qu’il y a des ombres dans le passé de Magda. D’origine allemande, après la mort de ses parents lors d’un accident, elle a fuit son pays et coupé toutes ses relations dans celui-ci, se refuse même d’en utiliser la langue.

Le roman de Mazarine Pingeot se déroule comme une longue pelote où ce passé mystérieux de Magda sert de fil rouge et maintient une tension permanente. Il n’est cependant pas difficile de deviner que le comportement de sa fille — à son insu — ait un lien avec le passé de Magda.

Le texte peut sembler parfois un peu sec. Un ou deux chapitres sont superflus, telle cette « randonnée » de Magda et Guillaume dans les Pyrénées et rendent à certains moments le roman long et lassant, d’autant que dans ces chapitres le secret qui entoure Magda s’estompe. Quelques pages inutiles avant d’arriver au dénouement longtemps attendu, certes légèrement différent des faits dont s’est inspiré Mazarine Pingeot, mais sans surprise exceptionnelle.

L’histoire est en effet tiré de faits et de personnages réels, avec cependant une grande liberté que se permet une romancière. Les noms de Suzanne Albrecht et de Jürgen Ponto viennent inévitablement à l’esprit.

olonnois85