TaqawanUn roman original, du noir, l'érudition, de l'humour... noir aussi.

« Au Québec, on a tous du sang indien..., si ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains » !
Nous sommes le 11 juin 1981, la police canadienne envahit la réserve de Restigouche, la pêche au saumon vient d'être interdite, les filets de pêche sont arrachés aux Indiens Mi'gmaq. Cette pêche pratiquée de manière artisanale, traditionnelle était indispensable à leur survie. 
C'est un livre engagé dénonçant l'impossible coexistence de deux civilisations (la nôtre et celle préexistante des Amérindiens) et les dessous de l'intervention policière.
Cette tragédie collective est menée en parallèle avec une tragédie individuelle, car durant l'intervention, une jeune fille disparaît. C'est l'aspect polar du roman.
Mais ces deux thèmes sont entremêlés à d'autres, et c'est là toute l'adresse de l'auteur : ce ne sont plus que des fils qui sont tissés pour former une pièce unique, le Québec. Ce sont des légendes, de l'anthropologie, de l'histoire, du documentaire.
La lecture est dépaysante, imagée, on voyage au pays des Mi'gmaq, accompagné d'un animal qu'on pensait connaître, le saumon (appelé Taqawan lorsqu'il revient dans sa rivière natale après un si long voyage à travers les océans). Et on parle de sirop d'érable, de caviar, d'orignal, des forêts et.... des débuts de Céline Dion. 
C'est un coup de cœur !
melianne