Sentinelle de la pluieÂprement discuté lors de notre dernière réunion, j'ai donc lu ce roman en me disant que j'allais faire une moyenne, entre M. qui l'avait adoré, et M. qui ne l'avait pas jugé intéressant ! Pas du tout ! Ce roman démarre de manière passionnante, bien écrit, de bons personnages, du mystère dans leurs vies, des non-dits, et puis la Seine qui monte, mais jusqu'où va-t-elle monter ? Il y est question de l'amour de Paul, le père, pour les arbres à qui il consacre sa vie, du prénom des enfants, Tilia et Linden, traductions de « tilleul ». Il y est aussi question de photographie, Linden Malegarde étant un photographe de renommée internationale.

Et puis nous voyageons à Paris, magnifique, malgré la pluie et la crue de la Seine ! Il y a aussi ce que Linden voudrait raconter à son père et qu'il ne sait trop comment aborder.

Tout est en place pour un bon roman et pendant un tiers du roman on se dit que décidément c'est un très bon bouquin et on comprend pourquoi M. en a été subjuguée ! 

Mais après ? La Seine monte à un niveau exceptionnel, la crue est là, les vies de nos personnages basculent, maladie, mort, l'alcool, le sang, des points de rupture, l'angoisse devrait planer. Mais rien ne se passe : l'écriture devient fade, descritiptive, doctorale, le changement climatique, l'absence de prévision, on s'égare ! Cela fait trop de choses et rien à la hauteur de ce qu'on attendait.

On ne sort pas des clichés (non photographiques), l'homosexualité, devinée dans le regard des enfants dans la cour de récré, ou sujet tabou entre parents et enfant. Un accident de voiture décapitant, une boîte cachée au fond du tilleul qui ne nous apprend rien que l'on ait déjà deviné (cf. p. 109 « les arbres étaient au cœur des choses. J'avais 4 ans, mais j'en avais déjà l'intuition »). Et je comprends mieux M. qui disait que tout était en place... et rien ne venait.

Pour info, le roman a été écrit en anglais ; et pour le fun, l'auteure a créé le site web de Linden Malegarde !

melianne