Je dansais, Carole Zahlberg, Grasset, 151 pages

 

Je dansaisDeux personnes racontent alternativement leurs émotions sans préciser les raisons de leur trouble ni ce qui les lie. L’auteure ne donne aucune indication sur celui ou celle qui s’exprime. Peu à peu, le texte se précise : la narratrice est une adolescente prise en otage et le narrateur est un jeune homme qui, à la suite d’un accident, est défiguré et effraie toutes les personnes qu’il croise. Lorsqu’il a rencontré la jeune fille dans la rue, elle n’a pas été horrifiée et il en est ainsi tombé amoureux. C’est lui qui a kidnappé l’enfant et la maintient enfermée, persuadé qu’un jour elle l’aimera à son tour.

Carole Zahlberg rend également hommage à toutes celles qui, quelque part, pour différentes raisons, ont été séquestrées.

Dans son roman, si le ravisseur est laid à cause de sa blessure, ce n’est pourtant pas un monstre. Il tente dans la mesure du possible de rendre l’emprisonnement de sa victime le moins désagréable possible, puisque son but est d’être aimé en retour. Son entreprise est cependant vaine et se heurte à la résistance de l’adolescente.

Déroutante dans sa conception, bien que l’acte soit violent et que Carole Zahlberg le dénonce sans ambiguïté, son roman laisse entrevoir autant de compassion pour la victime que pour le coupable.

olonnois85