Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives, L’arbalète Gallimard, 177 pages

 

Tenir jusqu’à l’aubeElle a suivi son conjoint à Lyon et il l’a quittée, lui laissant la charge de leur fils de 2 ans. L’enfant est dans une phase difficile, celle du refus de l’autorité. De l’autorité, elle n’en a pas du tout et cède à tous ses caprices. Le comportement chronophage et exténuant de son fils la prive de toute liberté. À bout, elle consulte sur Internet des sites pour « solo » dans l’espoir d’obtenir de l’aide. Elle trouve de tout et son contraire, des conseils de bien-pensants, de moralisateurs et de misogynes.

Le roman de Carole Fives soulève une quantité de questions que se posent tous les parents et leurs difficultés d’éducateur qu’ils tentent de résoudre en commun. Pour une femme seule, ce n’est pas une charge doublée, mais décuplée. Cependant, dans Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives montre qu’il y a toujours confusion entre autorité et autoritarisme et que la conséquence est le laisser-faire, dont aucun ne profite : le parent sacrifie tout à l’enfant et perd son autonomie, l’enfant ne trouve pas les limites qui lui sont indispensables pour se développer socialement. Savoir dire "non" n'est pas un manque d'affection. Ce roman a assurément le mérite de pouvoir relancer le débat controversé sur l’autorité et ses diverses facettes.

Olonnois85