À son image, Jérôme Ferrari, Actes Sud, 224 pages

 

À son imageAprès un reportage en ex-Yougoslavie, Antonia est revenue en Corse. Un soir, elle croise par hasard Dragan en tenue de la Légion étrangère qu’elle a connu comme soldat dans le restant de l’armée yougoslavealorsen décomposition. Après une longue nuit de discussion, malgré la fatigue, elle rentre chez elle et décède suite à d’un accident de voiture. C’est son oncle et parrain devenu prêtre qui est chargé de l’homélie. Las d’enterrer de jeunes victimes de la violence indépendantiste qu’il connaissait depuis son enfance, il s’était fait muter sur le continent. En offrant un appareil photo à sa filleule pour ses 14 ans, il déclencha en elle une passion pour la photographie dont elle a fait son métier.

Le roman de Jérôme Ferrari, centré sur Antonia, tourne autour de ces éléments : la photographie (fixation d’un événement sur une seule image image décalée de la réalité, principalement sur les photos de guerre), la religion (rôle du parrain d’Antonia), la guerre (la vrai en Yougoslavie et la « folklorique » qui fait cependant des victimes), et bien sûr, la relation hommes/femme (d’un côté le parrain d’Antonia, Pascal le « mari » d’Antonia, Simon son amant après s’être séparé de Pascal, Dragan le légionnaire, et de l’autre Antonia). Jérôme Ferrari développe le lien entre ces différentes facettes de la Corse avec sa beauté, son folklore et ses contradictions.

Dans de nombreux passages, en raison de phrases exagérément longues, si longues qu’elles ne semblent pas vouloir finir, le roman se lit difficilement. Le rythme est alors lent, le récit lourd et monotone.

Pour probablement donner l’impression que les personnages sont réels et que leur confidentialité doit être préservée (nous sommes en Corse, n’est-ce pas !), l’auteur accolesystématiquement une initiale aux prénoms (Pascal S., Simon P., etc.). Sans apporter de réalisme, cette méthode est surtout irritante et alourdit elle aussi la lecture.

La dernière partie du roman retrouve heureusement du rythme et permet d’oublier en partie ces défauts.

 

olonnois85