d’aucune femme, Franck Bouysse, La manufacture du livre, 334 pages

 

Né d’aucune femmeLe roman de Franck Bouysse se déroule probablement à la fin du XIXe ou début du XXe siècle.

Gabriel, le prêtre d’un village, a récupéré sur une morte dans un hospice psychiatrique des cahiers rédigés en cachette.

Rose, aînée des quatre filles d’un pauvre paysan, a été vendue par son père au maître des forges. À 14 ans (elle prétend en avoir 16) elle est chargée dans un premier temps des tâches ménagères et de la préparation des repas. Dans le « château » résident en plus du maître, la mère de cellui-ci, qui surveille Rose et la dispute systématiquement, Marie, sa femme si malade qu’elle ne quitte jamais sa chambre et n’est jamais visible sauf par un médecin, et dans un bâtiment secondaire Edmond, le palefrenier-jardinier. Rose s’éprend de ce dernier, mais subit la violence du maître et de la marâtre, un couple démoniaque qui ne l’a pas achetée seulement comme servante. Edmond est trop lâche pour la protéger.

L’auteur décrit à travers le récit de Rose, la brutalité inouïe et les desseins sordides du maître et de sa mère. Persuadés de leur droit absolu, de leur puissance et de leur impunité, rien ne semble pouvoir les arrêter pour atteindre leur but.

En parallèle à cette violence, Franck Bouysse s’attarde également sur les sentiments qu’éprouvent les autres personnages, ce qui rend son roman supportable et finalement très humain.

En changeant les perspectives du récit, d’une part un narrateur omniscient, d’autre part celui de protagonistes (Rose, Gabriel, Edmond…) avec un niveau de langage adapté à ceux-ci, le texte garde un rythme variable et élevé avec une large palette d’écriture.

Né d’aucune femme est assurément un très grand roman qui mérite de retenir une large attention.

olonnois85