Nino dans la nuit, Capucine et Simon Jahannin, Allia, 279 pages

Nino dans la nuitNino (le narrateur) est un beau gosse des banlieues. Il n’aime pas le travail bête et répétitif, préfère la fête et vit de petits larcins, de débrouilles et de petites magouilles. Il est fou amoureux de Lale avec qui il s’installe, ce qui ne l’empêche pas de faire de grosses bêtises, car il a un problème : il ne sait pas dire non à la drogue. Tandis que Lale n’en consomme que modérément, lui ne connaît pas ses limites. Il ignore même les avertissements de son meilleur ami d’enfance Malek qui n’est lui-même pas un ange et qui l’a plusieurs fois sorti de délicates situations.

« Nino il va falloir que tu changes des choses sinon ça va mal finir. Tu peux pas avoir de la chance à chaque fois. Si j’étais toi j’arrêterais tout, tu sais pas gérer et c’est drôle pour personne, calme-toi un peu et réfléchis, merde ! ». [p. 134]

Nino sait par ailleurs très bien qu’il est sur la mauvaise voie, que ses combines sont foireuses et à la longue ne mène à rien d’autre que de nouveaux ennuis. Au moins par amour pour Lale, il tente de se relever, de sortir de son trou, essaie de monter les escaliers, mais rate à chaque fois une marche et se retrouve encore plus bas. Nino est un drogué, un paumé, un fantaisiste très imaginatif qui capte beaucoup de sympathie.

Tantôt poétique dans son exaltation, tantôt violent dans sa déprime, le lecteur suit Nino comme s’il était à côté de lui, tremble pour et avec lui, et voudrait lui dire : « Arrête Nino ! Arrête ! ».

Le texte de ce roman écrit à quatre mains colle admirablement dans son style aux personnages et à la situation. L’état euphorique ou dépressif dans lequel sombre Nino est remarquablement retransmis.

Dans un registre semblable Nino dans la nuit rappelle l’excellent Demain Berlin de Oscar Coop-Phane, mais en encore mieux.

La dernière remarque concerne l’excellente qualité d'impression de ce livre chez les éditions Allia.

olonnois85