Malgré un temps pluvieux et venteux, les fidèles lectrices se sont toutes déplacées, comme un seul homme, chez Marc ! (8 minettes et un matou).

Dans la lumineuse véranda s’engage illico, une passe d’armes sur le bien fondé de lire trois livres, sélectionnés sur un même thème, afin d’en faire ensuite une analyse comparative.

Le sujet choisi en janvier était "l’adolescence". Rappel de la sélection : SummerThe GirlsUne histoire des loups. Il semble que les avis soient assez partagés sur l’idée d’un thème et que le cercle cache en son sein des indisciplinés notoires ! Seules deux personnes ont lu les trois œuvres.

Summer (Monica Sabolo) est balayé d’un revers de main et n’a pas su convaincre, même si l’on reconnaît une belle plume poétique, une ambiance trouble bien rendue, avec le lac Léman en toile de fond.

The girls (Emma Cline) très finement conté par Anne-Christine, peu apprécié par Marc, nous a semblé parfait pour les amateurs d’histoires de gamines paumées, en perte de repères. Ce livre nous semble, oppressant, dérangeant, plutôt glauque, mais aussi, habilement construit, intéressant, une réussite dans son genre.

Une histoire des loups (Emily Fridlund) Un suspense psychologique, qui a failli faire exploser notre cercle habituellement très policé : des avis divergents apparaissent et la controverse s’engage. Les lectrices déchaînées semblent n’avoir absolument pas lu le même livre, et n’ont pas interprété le récit de la même façon  ?? Vous avez dit, bizarre ?

Aux premières loges, les chanceuses qui n’ont pas lu le livre, se tiennent sagement coites tandis que les protagonistes échangent leur point de vue.Très bon moment de chahut authentique qui donne aux autres l’envie de lire ce bouquin afin de donner leurs avis à la prochaine rencontre ! Se laissera-t-on happer ou pas happer ? C’est la question. À suivre…

Vient le tour d’Encore vivant (Pierre Souchon) un homme, journaliste bipolaire raconte avec lucidité la difficulté de vivre une vie partagée entre des visites en HP, des prises quotidiennes de "cachetons" et — en même temps —, tenter de réussir une existence normale. Nous ne pouvons qu’avoir de la bienveillance pour cet homme qui, après avoir flirté avec le bonheur, est tombé, s’est révolté puis relevé avec courage en affrontant les réalités de sa vie.

Autobiographique ce livre accroche par sa sincérité, sa clairvoyance, la force et la fragilité de l’auteur, nous séduit grâce à une écriture remplie d’humanité, qui bouleverse, prend aux tripes. Que de questionnements pour nous : Il faut s’accepter en tant que malade, faire le choix de vivre avec des médicaments en permanence, parfois vouloir arrêter se croyant guéri, se plonger dans la nature pour se retrouver, se réadapter à la vie. Un récit terrible et magnifique qu’il faut digérer.

Entracte : Le livre du mois : Les Loyautés — Delphine de Vigan (lecture obligatoire, sinon voir le chapitre sanctions*)

Après cette mise en bouche, une avalanche de livres gisent encore sur la table. Sont appelés à la barre :

Chanson de la ville silencieuse — Olivier Adam

Attirée par une évasion à Lisbonne promise par le résumé, Martine ne retient pas particulièrement ce livre même s’il présente des thèmes intéressants tels que la solitude, l’absence, la quête.

Une préférence pour La renverse du même auteur.

Pactum salis (Oliver Bourdeaut)  ne fait qu’un passage rapide, nous en reparlerons en mars.

Il semble d’ores et déjà avoir une critique moins élogieuse que son premier livre : En attendant Bojangles.

Souvenirs dormants (Patrick Modiano) le verdict tombe des lèvres de Marianne : bien écrit, mais :chiant !! La mayonnaise n’a pas pris.

Gabrielle ou le jardin retrouvé (Stéphane Jougla) attiré par le titre et la couverture alléchante d’un somptueux jardin, avec la promesse de lectures à l’ombre, notre douce Michèle n’a pas pu résister, elle l’a acheté ! Belle histoire (plus triste que prévue) décrite d’une écriture subtile, poétique, très psychologique, livre plein de charme, d’amour, de doux souvenirs, de rayons de soleil, de parfum de fleurs.

Pause : Une diversion avec l’évocation du film "La promesse de l’aube" Romain Gary — et la relecture du livre.

Deux avis opposés : Marianne a été déçue par les retrouvailles : le livre lui est apparu "vieillot", "poussiéreux" le style "pas si génial". Simone elle, se trouve toujours sous le charme du livre et du film. Elle a tout — a d o r é — ! Balle au centre.

Reprise : sont citées en lectures personnelles, Le dernier amour de George Sand, (Evelyne Bloch-Dano) dans la même veine que les derniers jours de Rimbaud. Pour qui aime le genre.

Une colonne de feu (Ken Follet) Séduite par "Les piliers de la Terre", Marianne se régalait à l’avance de la lecture du nouveau Follet : zut, déception ; Martine a apprécié. Mais ce gros pavé de 900 pages décourage l'auditoire !

Magda (Mazarine Pingeot) s’avance : Livre dense, âpre, une écriture élégante, mais quelques plages d’ennui..

Magda, une mère découvre — surprise ! – que sa fille est accusée de meurtre en relation avec un groupe terroriste ! Elle s’interroge... – il y a de quoi —

De père inconnu Patrick Denys — Histoire forte : Paul est le fruit d’un amour défendu, d’une liaison scandaleuse due à un coup de foudre entre un prêtre et une femme dont le mari est à la guerre. À son retour, "le cocu" (il faut appeler un chat, un chat) répudiera sa femme et placera le petit Paul auprès de sa sœur. Cet enfant va devoir grandir dans la honte, le déni, dans une ambiance de Bretagne battue par les vents (là, je fabule). Quand au papa/prêtre.... bon, si vous avez l’eau à la bouche, veuillez emprunter le livre auprès de Simone !

Pour ne pas être en reste, évocation des enfants malheureux, rapatriés du Vietnam, ou dans le film La Villa, (Robert Guédiguian) actuellement en salle, pour les amoureux de Daroussin (Josette vous expliquera) et du soleil méditerranéen – En filigrane, difficulté d’appréhender les problèmes liés aux clandestins.

Marc, qui s’était assoupi en écoutant tambouriner la grêle sur le toit, enfin réveillé, intervient :

Marx et la poupée (Maryam Madjidi) — sur le thème de la difficulté de l’exil, une petite fille venue d’Iran raconte avec tendresse, lors d’un récit très sensible, son désarroi, sa solitude, la perte de sa langue, ses sensations de déracinement. Difficultés de l’intégration, de connaître deux cultures, d’accepter une nouvelle vie tout en étant fidèle à ses origines.. Il y a un peu de l’esprit "Les loyautés" vis-à-vis de soi même, dans ce récit digne d’intérêt.

Une fille dans la jungle (Delphine Coulin) Sujet brûlant que celui de la jungle de Calais. On peut s’attendre au pire, et l’on n’est pas déçu ! Banalisation de la violence, vol, viols, prostitution, dénuement, tout le cortège des profiteurs et des plus faibles qui sont exploités. Il leur reste une chose, l’espoir de s’en sortir en traversant tous les pièges.

Âmes sensibles s’abstenir.

Marc s’étant remis en "stand-by" nous pouvons évoquer tranquillement : La suite de "L’ami prodigieuse Tome 4" L’enfant perdue (Elena Ferrante) — Claire s’engage à acheter et faire passer le dernier tome de la saga. Une privilégiée, Marianne, a déjà lu ce livre, et nous invite à en faire autant ! Vite, vite.

Pour finir en beauté, Marianne, revenant d’un stage intensif de plage et de farniente, évoque 4321 de Paul Auster, pavé de 1016 pages, chiffre qui fait sursauter brutalement Marc ; ce dernier s’empresse de s’enfuir pour ne pas entendre des horreurs pareilles, (1016 pages !) et nous rapporte un merveilleux far breton confectionné par ses soins, recette secrète ou Marmiton, ainsi qu’un cake savoureux, le tout arrosé de bulles diverses et variées aux poires, aux pommes et même aux scoubidous, parait-il ? Pour caler les petits creux restants (on ne sait jamais) Josée a prévu de croustillants petits délices caramélisés.

Pour les puristes nous avons cité également : La symphonie du hasard, (Douglas Kennedy) et nous reparlerons de 4321, dans un mois, six mois, ou peut être jamais !

Prochain rendez vous chez Anne-Christine le mardi 13 mars 2018

Bonnes lectures à  tous !

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