Christine Orban : Avec le corps qu’elle a (Albin Michel)

 Avec le corps qu'elle aGwendoline a 20 ans, elle vit depuis bientôt 10 ans avec sa mère et son beau-père. Ce dernier, ancien ministre, homme influent, exerce une emprise perverse et dominatrice sur sa mère et, en écho, sur Gwendoline. Elle l’appelle BP, ce beau-père qui se prénomme Huber sans t, roule en voiture de luxe et les emmène en vacances dans une belle villa du midi. Enfant, elle a senti son jugement dénigrant, sans appel et souffert de son indifférence méprisante. A 20 ans, elle est brillante, un éditeur vient de publier son premier roman et la jalousie dévore BP.

« Avec le corps qu’elle a tout sera facile » lâchera-t-il comme seul commentaire, en apprenant la nouvelle. Cette phrase va déclencher l’effondrement de son estime de soi, l’ébranlement durable de la confiance envers les autres, envers les hommes.

C’est l’histoire simple et crue d’une perversité ordinaire, d’une cruauté sans coups, d’une violence continuelle sans que le viol ne soit jamais évoqué. Un récit sobre et incisif qui fait mouche à chaque phrase, un thème brûlant d’actualité, traité d’une manière extrêmement juste. Sans jamais sombrer dans le pathos, Christine Orban réalise le tour de force d’une résilience, certes tardive mais bien réaliste qui éclaire ce roman d’une grande espérance.

monohak