Repose-toi sur moi, Serge Joncour,Flammarion,427pages

 

Repose-toi sur moiLe veuf Ludovic au physique imposant a délaissé la ferme familiale et s’est installé à Paris comme recouvreur de dette. La styliste Aurore est confrontée à la tentative de son partenaire de lui dérober son entreprise. Ludovic et Aurore habitent le même immeuble, mais dans deux classes sociales qui n’ont rien en commun. Lorsqu’ils se rencontrent, Aurore constate assez rapidement que le fort et doux Ludovic est exactement la personne à qui elle peut se confier. Bientôt, ils ne peuvent plus se passer l’un de l’autre. Au cours de la narration, les rôles du fort et du faible faible s’inversent.

La trame du roman de Serge Joncour, malgré quelques tentatives de digressions, ne présente aucune sensation. Le texte est souvent itératif et certain passage franchement redondant. Les répétitions abusives n’apportent rien à l’atmosphère.

« La vieille porte grinçait quand on l’ouvrait, mais le bruit était encore bien plus déchirant quand elle se refermait avec un grand claquement au bout de ce grincement, toujours ce même grincement, mômes quand on leur disait de venir à des cérémonies pour des grands-parents ou des voisins, lui en général il restait à la porte, alors ce grincement il le connaissait bien, ce grincement c’était pour les autres, il n’aurait jamais cru qu’un jour il le concernerait ce grincement, le grincement de cette porte c’était bien tout ce qu’il y avait d’éternel ici, le seul vrai signe émis par le Très-Haut. »

Trop dilué, le texte devient insipide, beaucoup trop tiède. La tension qui aurait pu être construite se noie dans ces ressassages. Elle ne vient que dans les vingt ou trente pages dernières, lorsque l’auteur semble avoir hâte de terminer son roman et se fait concis. La fin le sauve de la noyade définitive et redonne de l'intérêt.

Repose-toi sur moi, malgré quelques qualités, manque d’originalité et aurait beaucoup gagné en étant comprimé.

olonnois85