Sigma, Julia Deck, Minuit, 234 pages

 

SigmaLe quatrième de couverture résume ce qu’est l’organisation Sigma :

Vous avez chargé notre organisation de lutter contre les œuvres indésirables. Quand il est impossible de les éliminer à la source, nous les faisons entrer dans des musées, où leur potentiel de nuisance s’épuise de lui-même. Aucune pièce majeure n’échappe à notre vigilance. Nous apprenons aujourd’hui qu’une œuvre disparue du peintre Konrad Kessler referait surface aux alentours de Genève. La fâcheuse influence de cet artiste n’étant plus à démontrer, notre bureau suisse déploie immédiatement ses agents auprès de toutes les parties prenantes — galeriste, collectionneur, banquier, scientifique — afin de mettre hors de nuire le tableau.

Le roman de Julia Deck est composé des rapports des agents que l’organisation Sigma a placés auprès des personnes concernées, directement ou indirectement par l’apparition du tableau de Konrad Kessler, ainsi que des instructions de Sigma à ceux-ci. Ces rapports écrits ressemblent cependant à des narrations orales sous forme de notes personnelles, tandis que les instructions que Sigma leur envoie sont sèches et succinctes. Le but de l’organisation reste très flou (p. ex., en quoi une œuvre est-elle « indésirable » ? ). Les motivations des divers personnages sont également très vagues et manquent de cohérence. La manipulation semble plus importante que le but même de Sigma. Dans l’ensemble, le roman manque de structure, le style, généralement plat et uniforme, n'adhère pas aux divers narrateurs. La dernière ligne éclaire très tard, trop tard, l’idée de base de l’auteure.

Julia Deck avait enchanté avec Le triangle d’hiver (même éditeur). Avec Sigma, elle n’est pas parvenue à maîtriser cette aventure dans le roman-fiction.

Olonnois85