Salina les trois exils, Laurent Gaudé, Actes Sud, 149 pages

SalinaSalina n’est pas un roman, mais un conte. Pas un conte de fées pour enfants, mais un conte pour adultes, à la fois dur, mystique, poétique et de toute beauté. Comme un rêve et un cauchemar en même temps. Violence et douceur, amour et haine se côtoient, s’entrecroisent, changent de camps. L’histoire en elle-même est secondaire, seule prime la façon d’être racontée.

Ici, toute logique, tout réalisme, toute plausibilité, toute vraisemblance sont abandonnés, ou plutôt assemblés en un mélange inextricable et lyrique :

Ils marchent l’un derrière l’autre, économisant leurs forces dans ce désert de poussière qui fait plier même les oiseaux. [p. 31]

Koura Kumba finit par apprendre que son frère est sur ses talons. Les scorpions le lui disent. Les arbustes et l’eau qui coule sous la terre aussi. [p. 107]

C’est de ce jour qu’elle commence à parler aux pierres, à haranguer les serpents. [p. 124]

Ce conte est un condensé de la bassesse et de la hauteur de l’humanité, tous ses défauts et ses qualités qui la différencient des bêtes. À lire absolument et méditer.

olonnois85