L'archipel du chienPhilippe Claudel nous présente son roman de façon atypique au début du Chapitre 1 : «L’histoire qu’on va lire est aussi réelle que vous pouvez l’être. Les noms des êtres qui la peuplent ont peu d’importance. On pourrait les changer. Mettre à la place les vôtres. »

Nous voilà prévenus, cette histoire va nous déranger.

Le décor : une île dont la situation est floue, dominée par un volcan éteint mais menaçant et qu’on n’a pas envie d’habiter.

L’histoire commence par la découverte de trois cadavres de jeunes Africains sur une plage. Cet événement est contrariant car le Maire a un projet touristique pour développer l’île. Comment s’en débarrasser ? Le Maire est convaincant, les autres, lâches, donc ils font ce que le Maire décide. Seul, l’instituteur renâcle un peu mais s’incline devant les édiles.

L’histoire pourrait s’arrêter là mais un homme mystérieux débarque un jour. Qui est-il ? Que veut-il ? Et que cherche l’instituteur ?

A partir de là, les événements tragiques s’enchaînent.

J’ai aimé ce roman qui est plutôt un conte philosophique. Philippe Claudel a un style qui me plait : phrases qui s'écoulent doucement, descriptions précises, les gestes, les sentiments, l’ambiance, les bruits menacants du volcan et l’odeur indéfinissable qui se répand partout.

Bien que la situation soit tragique, il y a des traits d’humour...noir.

La dernière phrase mérite qu’on lise ce livre : « Mais mon pauvre vieux, finit par murmurer le Maire au Docteur qui attendait sa parole avec anxiété, pourquoi dis-tu que c’est un rêve ? »

Plumule42