Hôtel du Grand Cerf, Franz Bartelt, Seuil, 346 pages

Hotel-du-Grand-CerfDans les années cinquante, l’actrice Rosa Guligen est décédée de façon mystérieuse dans sa chambre de l’hôtel du Grand Cerf à Reugny, petite ville belge proche de la frontière française. Nicolas Tèque, un journaliste parisien, est nouvellement chargé d’enquêter sur cet événement. À peine sur place, une série de meurtres émeut la cité, ce qui amène l’inspecteur Vertigo Kulbertus à entrer en action. À treize jours de sa retraite qu’il juge lui-même imméritée, le policier use de son image ignoble, de son obésité ragoutante et de son prochain départ pour mener rondement une enquête hors des conventions.

Franz Bartelt a le don de dépeindre des personnages atypiques dans une société hypocrite et décadente. Si Nicolas Tèque gagne la sympathie du lecteur, l’inspecteur Vertigo Kulbertus est repoussant. L’un aidant l’autre, les deux hommes s’entendent cependant pour mener chacun de leur côté leur enquête sans empiéter sur les plates-bandes de l’autre. En plaçant astucieusement de nombreuses fausses pistes, Franz Bartelt maintient la tension jusqu’au bout de son roman. Et le lecteur se surprendra à s’attacher à cet inspecteur si antipathique. Un vrai tour de force de Franz Bartelt, et tant pis si la morale est quelque peu écornée.

olonnois85